Définition du bondage

Selon la définition du dictionnaire,  « le bondage (également baptisé art des liens ou shibari) est une pratique sadomasochiste qui consiste à attacher son partenaire avec des cordes en matière naturelle (jute, lin, chanvre…)dans le cadre d’une relation érotique de soumission/domination ».

Le shibari est également un art esthétique où le corps du modèle estutilisé pour créer des figures harmonieuses, pour contraindre ou humilier. Cet art méditatif très particulier défie parfois les lois de la gravité pour le plus grand plaisir du bondeur (attacheur) et du bondé (lâché prise).

Origine du bondage

On trouve les premières traces de cet art au Japon et notamment dans le domaine militaire. L’armée japonaise l’utilisait pour capturer et torturer des prisonniers. Ce pays à la sexualité complexe cultive depuis des siècles l’art du ligotage érotique, appelé le « Shibari ».Au Japon, les techniques des nœuds et des cordes ont une place importante dans les cérémonies religieuses et la culture traditionnelle.

On a également pu observer des scènes d’attachement et de ligotage sur de nombreux temples de l’Egypte ancienne. On y voit des prisonniers (esclaves) aux mains attachées dans le dos ou au dessus de la tête et liés entre eux par des cordes passées autour de leur cou.

A partir des années 1950, on a vu se développer des techniques de bondage dans des clubs nord Américains.

Aujourd’hui, cette pratique connait un nombre croissant d’adeptesen France et en Europe.

En quoi consiste le bondage ?

De la contrainte du corps naît la liberté de l’esprit. On pourrait dire que le bondage relève d’une ‘expérience intérieure’, pour reprendre une célèbre formule de Georges Bataille. 

En fait, Il ne s’agit pas nécessairement d’une pratique sexuelle mais plutôt d’un abandon sensuel et consentit qui permet d’atteindre une forme de lâcher-prise. La pratique est soumise à de nombreuses règles qui doivent respecter des principes de technique, de sécurité et d’esthétique.

En plus de stimuler l’imaginaire, le lâcher prise comporte des conséquences biologiques qui entraînent la sécrétion d’hormones telles que les ocytocines, les endorphines, la dopamine, qui procurent une sensation de bien-être et de relaxation intense.

Tout le principe du Bondage repose sur l’opposition entre le dominant, celui qui noue les cordes, et le dominé, celui qui est attaché. La notion de confiance entre les partenaires est fondamentale : le dominant est seul décisionnaire de la technique avec laquelle il attache son ou sa partenaire (il ne faut jamais trop serrer les liens sous peine de provoquerun blocage de la circulation, une crampe, des fourmillements ou pire, une suffocation). Le dominé s’abandonne corps et âme au plaisir d’être touché, manipulé, exposé, observé.

Comment le pratiquer ?

La pratique du bondage demande un apprentissage

En théorie, on peut utiliser de nombreux accessoires pour ligoter quelqu’un, comme par exemple :

Des cordes (en coton de préférence ou en lin car cette matière est douce et n’irrite pas la peau contrairement au nylon), de la ficelle, des foulards, du ruban adhésif, des menottes (utilisées par de nombreuses personnes), des ceintures, des lacets, des chaînes en métal, un rouleau de cellophane….

On l’a compris, la pratique du bondage demande des connaissances techniques. Il faut toujours rester prudent car des cordes ou liens mal placés ou trop serrés peuvent entraîner des lésions irréversibles, brûler, voire étouffer. Mal attaché, le bondé peut souffrir d’inconfort, de crampes.

Le bondage requiert également certaines connaissances anatomiques et notamment en ce qui concerne les trajets nerveux du corps. Le nerf est constitué de fibres nerveuses motrices et sensorielles et protégées par la myéline. Cette dernière peut être lésée en cas de compression trop forte ou trop prolongée. Cette lésion peut entraîner une perte des fonctions sensorielles et/ou motrices. Dans ce cas, le délai de récupération peut varier de quelques minutes à quelques semaines !

La prévention :

Elle consiste à maintenir une tension équilibrée entre les cordes.

Il faut toujours rester à l’écoute de la personne qui se fait attacher et la laisser prendre la position la plus confortable pour elle (selon sa sensibilité, sa souplesse, son état émotionnel….)

Le safeword, indispensable code de sécurité

Comme pour les autres pratiques de domination, il est indispensable de prévoir un mot (ou signe si la bouche est entravée) de sécurité pour mettre fin à la séance si nécessaire.

crédit photo : shibari-artist.com